SECOURS CATHOLIQUE : REVISION DE LA VISION PAR LES CADRES ET ANIMATEURS

Dominique SENE de Caritas Kaolack donne son point de vue



SECOURS CATHOLIQUE :  REVISION DE LA VISION PAR LES CADRES ET ANIMATEURS
Le Secours Catholique, Caritas France , a tenu la session des cadres et animateurs à la Cité Saint Pierre, du 8 au 12 octobre 2012, et à cette occasion, Mr Dominique Sène de Caritas Kaolack a donné son point de vue, que voici :

Je voudrais avant tout remercier le Secours Catholique - Caritas France de l’honneur qu’il m’a fait en m’invitant à cette session, ces remerciements vont à l’endroit de tous ceux qui ont préparé mon voyage et particulièrement le Département Afrique et ses collaborateurs.
Mon intervention portera sur comment moi, partenaire du Sud, je ressens cette vision du Secours Catholique dans un contexte différent de celui de la France et comment l’enrichir et l’adapter à notre contexte sénégalais et surtout comment la mettre en pratique dans mes actions de tous les jours.
Cette vision est commune à toute personne travaillant dans une structure d’Eglise, mais c’est la manière de sa mise en pratique qui peut différer suivant le contexte dans lequel on se trouve.
En parcourant la fiche synthétique sur la vision du Secours Catholique je vois que la vision est développée sur six points et je voulais revenir sur un certain nombre de ces points pour vous faire part de la manière dont je ressens au profond de moi-même cette vision et comment je pourrais arriver à tendre vers cette perfection dans mon travail de tous les jours.
Le développement de nos sociétés
Le développement de nos sociétés est avant tout une exigence de faire sortir nos peuples de la faim, de la misère, des maladies endémiques et de l’analphabétisme. Cela veut dire que du point de vue économique, leur participation à la vie économique locale, nationale et internationale ; du point de vue sociale, leur évolution vers des sociétés instruites et solidaires ; du point de vue politique, la consolidation des régimes démocratiques capables d’assurer la paix et la liberté.

Le développement de nos sociétés
Le développement de nos sociétés est avant tout une exigence de faire sortir nos peuples de la faim, de la misère, des maladies endémiques et de l’analphabétisme. Cela veut dire que du point de vue économique, leur participation à la vie économique locale, nationale et internationale ; du point de vue sociale, leur évolution vers des sociétés instruites et solidaires ; du point de vue politique, la consolidation des régimes démocratiques capables d’assurer la paix et la liberté.
Dans les pays soit disant riches comme la France et d’autres pays européens, de nouvelles catégories sociales s’appauvrissent et de nouvelles pauvretés apparaissent. Cette catégorie de nouveaux pauvres doit nous interpeller et voir le travail à mener pour atténuer ce mal. Par contre dans les pays dits en voie de développement certains groupes jouissent d’une sorte de développement où consommation et gaspillage vont de pair, ce qui contraste de façon inacceptable avec des situations de misère déshumanisante.
Le développement de nos sociétés doit être un développement vrai et intégral qui doit prendre en compte toutes les dimensions économiques, sociales, culturelles et spirituelles de l’Homme et de tout Homme. Sortir du retard économique, fait en soit positif, ne résout pas la problématique complexe de la promotion de l’homme ni pour les pays bénéficiaires de ces avancées, ni non plus pour les pays pauvres.
On pourra accéder à un vrai développement de nos sociétés en s’appuyant sur des valeurs et principes de fond qui sont communs à tous et qui ont pour noms la vérité, la liberté, la justice, l’amour et la solidarité.
La vérité
Nous, responsables et animateurs, nous sommes tenus de façon particulière à tendre continuellement vers la vérité, à la respecter et à l’attester de manière responsable. Vivre la vérité revêt une signification spéciale dans les rapports sociaux, c’est pourquoi nous devons toujours dire et vivre la vérité avec les gens avec qui nous travaillons et partageons la même vision. Plus les personnes et les groupes sociaux s’efforcent de résoudre les problèmes sociaux selon la vérité, plus ils s’éloignent de l’arbitraire et se conforment aux exigences objectives de la moralité.
La liberté
La liberté s’exerce dans les rapports entre les êtres humains. Chaque personne humaine, créée à l’image de Dieu, a le droit naturel d’être reconnue comme un être libre et responsable. Tous doivent à chacun un droit de respect. Le droit à l’exercice de la liberté est une exigence inséparable à la dignité de la personne humaine. Nos pouvoirs financiers et notre statut social ne doivent pas priver nos pauvres de la liberté. Comme le Seigneur qui nous a tout donné et nous a créés libres, laissons les faibles et les pauvres s’exprimer librement car devant l’Eternel nous sommes tous égaux.
La justice
La justice apparaît comme particulièrement importante, dans le contexte actuel où les valeurs de la personne, sa dignité et ses droits, au-delà des proclamations d’institutions, sont sérieusement menacées, nous agents qui travaillons dans les institutions d’Eglise nous devons être les défenseurs farouches de la justice pour que les pauvres et les faibles soient protégés et défendus contre les injustices que nous rencontrons souvent dans nos différents milieux de vie.
L’amour
Les valeurs de la vérité, de la justice et de la liberté naissent et se développent à partir de la source intérieure de la charité. La vie humaine répond à la dignité de l’homme, quand elle se fonde sur la vérité, quand elle se réalise selon la justice c’est-à-dire dans le respect effectif des droits et dans l’accomplissement loyal des devoirs respectifs, quand elle se réalise dans la liberté qui convient à la dignité de l’homme, quand elle est vivifiée par l’amour qui fait ressentir les besoins et les exigences des autres et rend toujours plus intense la communion des valeurs spirituelles et la sollicitude pour les nécessités matérielles. Ces valeurs constituent des piliers qui assurent solidité et consistance à l’édifice de la vie et de l’action, elles déterminent la qualité de toute action et institution.

La solidarité
Les nouvelles relations d’interdépendance entre les hommes et les peuples, qui sont de fait des formes de solidarité, doivent se transformer en relations tendant à une véritable solidarité sociale qui est l’exigence morale à toutes les relations humaines. La solidarité doit être une véritable vertu morale et non pas un sentiment de compassion vague ou d’attendrissement superficiel pour les maux subis par tant de personnes proches ou lointaines. Au contraire la solidarité est la détermination ferme et persévérante de travailler pour le bien commun ; c’est-à-dire le bien de tous et de chacun parce que tous nous sommes responsables de tous. La solidarité s’élève au rang des vertus sociales fondamentales parce qu’elle se situe dans la dimension de la justice, vertu orientée par excellence au bien commun et dans l’engagement à se dépenser pour le bien être du prochain en étant prêt au sens évangélique du terme à se « perdre » pour l’autre au lieu de l’exploiter et à le servir au lieu de l’opprimer. Toutes ces valeurs et principes doivent aider la famille humaine à se rapprocher vers son Créateur.
La famille
Pour la personne, la famille est importante et centrale. Dans le berceau de la vie et de l’amour, l’homme naît et grandit. Lorsque naît un enfant, à la société est fait un don d’une nouvelle personne qui est appelée à vivre en communion avec les autres et à se donner aux autres. Par conséquent dans la famille, le don réciproque de soi de la part de l’homme et de la femme unis dans le mariage crée un milieu de vie dans lequel l’enfant peut s’épanouir, devenir conscient de sa dignité et se préparer à affronter son destin unique et irremplaçable.
Dans le climat d’affection naturelle qui lie les membres d’une même communauté familiale, les personnes sont dans leur intégralité, reconnues et responsabilisées. La famille communauté naturelle au sein de laquelle s’expérimente la socialité humaine, contribue d’une manière unique et irremplaçable au bien de la société. Une société à la mesure de la famille est la meilleure garantie contre toute dérive de type individualiste ou collectiviste, car en elle la personne est toujours au centre de l’attention en tant que fin et jamais comme moyen. Sans familles fortes dans la communion et stables dans l’engagement, les peuples s’affaiblissent. C’est dans la famille que sont inculquées dès les premières années de la vie les valeurs morales qui transmettent le patrimoine spirituel de la communauté religieuse et le patrimoine culturel de la nation. C’est en elle que l’on fait l’apprentissage des responsabilités sociales et de la solidarité.
Le travail
Le travail est un droit fondamental et c’est un bien pour l’homme, un bien utile, digne de lui, car apte précisément à exprimer et à accroître sa dignité. Le travail est nécessaire pour fonder et faire vivre une famille, pour avoir droit à la propriété, pour contribuer au bien commun de la famille humaine. La considération des implications morales que comporte la question du travail dans la vie sociale conduit l’Eglise à qualifier le chômage de «véritable calamité sociale» surtout pour les jeunes générations. Le travail est un bien pour tous qui doit être disponible pour tous ceux qui en sont capables. Le plein emploi est donc un objectif nécessaire pour tout système économique tendant à la justice et au bien commun. Une société dans laquelle le droit au travail est déprécié ou systématiquement nié et où les mesures de politiques économiques ne permettent pas aux travailleurs d’atteindre des niveaux d’emplois satisfaisants, ne peut obtenir sa légitimation, ni assurer la paix sociale. La capacité de programmation d’une société orientée vers le bien commun et projetée vers le futur se mesure aussi et surtout en fonction des perspectives de travail qu’elle peut offrir. Un taux élevé de chômage et des difficultés persistantes dans l’accès à la formation et au marché de travail constituent, surtout pour beaucoup de jeunes, un fort obstacle sur la route de la réalisation humaine professionnelle. Celui qui est sans emploi ou qui est sous employé, subit du fait les conséquences profondément négatives que cette condition entraîne sur sa personnalité et risque d’être placé en marge de la société, de devenir une victime de l’exclusion sociale.
C’est un drame qui frappe, en général non seulement les jeunes, mais aussi les femmes, les travailleurs non spécialisés, les handicapés, les immigrés, les analphabètes, tous les sujets qui rencontrent des difficultés dans la recherche d’une place dans le monde du travail.



Développement intégral et solidaire
Une des tâches fondamentales des acteurs de l’économie internationale est d’atteindre un développement intégral et solidaire pour l’humanité c’est-à-dire promouvoir tout homme et tout l’Homme. Cette tâche exige une conception de l’économie qui garantisse au niveau international la distribution équitable des ressources et réponde à la conscience de l’interdépendance économique, politique et culturelle qui unit désormais de façon définitive les peuples entre eux et fait qu’ils se sentent liés par un unique destin. Les problèmes sociaux revêtent toujours une dimension planétaire. Aucun état ne peut les affronter, ni les résoudre tout seul. Les générations actuelles touchent du doigt la nécessité de la solidarité et ressentent concrètement le besoin de surmonter la culture individualiste. De façon plus diffuse, l’exigence se fait sentir de modèle de développement qui ne prévoit pas seulement d’élever tous les pays au niveau dont jouissent aujourd’hui les pays les plus riches, mais de construire par un travail solidaire, une vie plus digne, de faire croître réellement la dignité et la créativité de chaque personne, sa capacité de répondre à sa vocation et donc à l’appel de Dieu.
Un développement plus humain et solidaire bénéficiera aussi aux pays riches eux-mêmes. Ceux-ci ressentent souvent une sorte d’égarement, une incapacité de vivre et à profiter justement du sens de la vie, même dans l’abondance des biens matériels, une aliénation et une perte de la propre humanité chez de nombreuses personnes qui se sentent réduites au rôle d’engrenage dans le mécanisme de la production et de la consommation et ne trouvent pas le moyen d’affirmer leur propre dignité d’hommes, faits à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Les pays riches ont démontré qu’ils avaient la capacité de créer du bien être matériel mais souvent au détriment de l’homme et des couches sociales les plus faibles. On ne peut ignorer que les frontières de la richesse et de la pauvreté passent à l’intérieur des sociétés elles-mêmes, qu’elles soient développées ou en voie de développement. En effet de même qu’il existe des inégalités sociales allant jusqu’au niveau de la misère dans les pays riches, parallèlement, dans les pays moins développés on voit assez souvent des manifestations d’égoïsme et des étalages de richesses aussi déconcertants que scandaleux.
Donc bâtissons des sociétés où chaque personne humaine, quel que soit sa situation sociale, aura une place car tous nous formons une seule et unique famille bâtie sur des valeurs solides dont le socle est Jésus Christ qui est la Voie la Vérité et la Vie.

Lundi 19 Novembre 2012
Caritas Senegal
Lu 913 fois

Caritas Thiès | Caritas Dakar | Caritas Kolda | Caritas Zinguinchor | Caritas Saint Louis | Caritas Tambacounda | Caritas Kaolack


Bienvenue !

Mot de Bienvenue

Mot de Bienvenue
Madame, Monsieur,

Au nom de mes collaborateurs, Abbé Alphonse Seck, Secrétaire Général et l'ensemble des membres de notre Confédération Caritas Sénégal, je vous souhaite la bienvenue et vous exprime notre joie de vous accueillir.

Ce site a pour objectif de vous aider  à trouver des informations sur la vie, la mission, les projets et programmes, les activités, les évènements de Caritas Sénégal et bien d'autres choses encore.

A travers ce site, nous voulons également promouvoir l'esprit Caritas ainsi qu'un élan de solidarité en faveur de ceux qui sont loin de tout et contribuer au développement intégral de l'homme.

Sur le chemin du service de l'Amour et la Solidarité au Sénégal et dans le monde, .vos idées et suggestions nous sont précieuses et les attendons pour mieux progresser ensemble.

Bonne visite et que la bénédiction du Seigneur vous accompagne tous les jours!
 
Son Excellence Mgr Jean-Pierre Bassène,
Evêque du diocèse de Kolda
Président de la Commission de Pastorale Sociale de la Conférence Episcopale
 





Newsletter


Les plus récentes

Pour participer au développement intégral de l'homme au Sénégal et dans le monde dans un esprit constructif et respectueux de la dignité humaine.




Siège National : Km 11, route de Rufisque | BP : 439 Dakar | Tel : (221) 33 834 00 20 | Fax : (221) 33 834 41 97 | Email : info@caritas-senegal.org
Copyright © 2007-2017 Caritas Sénégal - Tous droits réservés - Création Baol Networks