Entretien avec le Cardinal Nzapalainga, Président de Caritas Centrafrique : « Nous rêvons de créer des écoles, des hôpitaux pour tous sans distinction de religion »

Les évêques ne font pas qu’évangéliser, ils se soucient aussi du bien être de leurs fidèles en allant jusqu’à s’engager dans la gestion des crises parfois politiques. L’expérience de la Centrafrique en est une belle illustration.



Eminence, vous êtes un acteur principal dans la réconciliation des acteurs d’un grand conflit qui  perturbe depuis longtemps la Centrafrique, quelle est la portée de cette mission ?

La République centrafricaine a été confrontée à une crise sans précédent parce que des groupes sont venus prendre le pouvoir par la force. On a donné à cette crise une connotation religieuse en disant que les musulmans éliminaient les chrétiens et qui en feraient de  même avec les musulmans. Nous avons voulu dire non parce que la religion n’est pas là pour diviser mais plutôt pour unir. Voilà pourquoi le pasteur de l’Eglise protestante, l’imam qui s’occupent de tous les musulmans et moi même, nous nous sommes mis ensemble pour former la plate forme et défendre l’être humain quelque soit sa confession. Chaque être humain doit être protégé parce que la vie est sacrée. Depuis le début de la crise nous travaillons pour que les cœurs s’apaisent, pour que la paix revienne et que justice soit rendu à ceux qui souffrent.

Pouvons-nous dire que le dialogue interreligieux est bien réel chez vous ?

Oui, je peux dire que le dialogue est là. Avant c’était théorique ; on se retrouvait dans des circonstances particulières et chacun faisait des exposés, des analyses... Mais la crise a été une opportunité pour engager un dialogue structuré parce que la vie de nos frères était menacée et la communauté déchirée. Il faut poursuivre le travail et unir les communautés afin que la paix revienne, pour que la réconciliation devienne effective et pour que le pardon ait du sens. Notre histoire et nos traditions présentent des facteurs de division. Or, diviser c’est l’œuvre du diable et Dieu veut unir. Nous devons nous départir de toute attitude qui nous divise ;  en commençant à dire que Jésus est le fils de Dieu avec un musulman je ne pourrai pas poursuivre le dialogue. Si je commence à dire que Marie a une grande place à un protestant on ne peut non plus continuer le dialogue. C’est la raison pour laquelle nous prenons dans nos traditions ce qui est positif pour le mettre au service de notre peuple.

Quelles stratégies avez-vous mis en œuvre pour venir en aide aux victimes de ce conflit ?

Nous visitons les communautés éprouvées ; notre pédagogie consiste à chaque fois que nous arrivons dans un lieu à laisser le protestant rencontrer sa communauté, l’imam fait de même et moi aussi. Cette démarche nous permet de mettre chaque communauté en confiance.  En retour, nous analysons ce que nous avons entendu de part et d’autres, notamment les points de divergences et les points de convergences.  Si ton fils a tué je dois avoir l’audace et le courage de le lui dire qu’il a fait du mal. On ne doit ni tergiverser ni le protéger. Ensuite nous invitons les autorités locales à nous rejoindre et nous les amenons à dialoguer parce que certains ne se sont pas rencontrés depuis des mois et la haine a rempli leur cœur. Nous leur disons parlez, échangez dites ce que vous ressentez et c’est là ou les préjugés, les tabous tombent et libèrent progressivement leur cœur. Ils se rendent compte alors que l’autre n’est ni un ennemi ni un monstre mais un frère qu’on peut aimer, respecter et avec qui on peut dialoguer. Après la rencontre, chacun de nous évangélise sa communauté et véhicule des messages de paix.

Que faites vous pour sortir la Centrafrique de l’impasse liée au repli identitaire ?

Un des rêves que nous leaders religieux portons consiste à créer des lieux ou des moments où nos enfants vont se retrouver pour réaliser quelque chose ensemble. Nous avons déjà mis en place une équipe de journalistes, un musulman, un catholique, un protestant qui travaillent ensemble pour véhiculer la vérité et non pas des positions partisanes. Le message qui est délivré rassemble les communautés, recherche la cohésion et la stabilité. Nous rêvons encore d’avoir une école ou il y’aura toutes les trois religions ; la crise a provoqué chez nous un repli communautaire, que nous voulons dépasser. A travers ces écoles nous voulons permettre à des communautés qui se regardent en chien de faïence de se rapprocher. Les enfants vont apprendre à s’aimer et à avancer ensemble. Nous allons permettre à un musulman d’enseigner des enfants catholiques et protestant et vice versa parce qu’il arrive qu’ils refusent de le faire.  Et enfin nous voulons ouvrir un hôpital qui soignerait tout le monde sans distinction de religion. 

Mardi 19 Septembre 2017
Caritas Senegal
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