COTE D'IVOIRE:LES EVEQUES LANCENT UN APPEL A L’APAISEMENT ET AU DIALOGUE



Chers frères,
Chères sœurs,
Chers compatriotes,
Chers habitants de la Côte d'Ivoire,

1. Dans notre dernier message adressé à l’ensemble du peuple ivoirien, à la veille de l’élection présidentielle sensée sortir le pays de huit années de crise profonde, nous, vos compatriotes et frères, Evêques de Côte d'Ivoire, nous vous invitions à saisir le véritable enjeu de ces échéances et à les vivre avec toute la responsabilité qui s'impose (Cf. Message à la nation ivoirienne à l’occasion des prochaines élections, 29 novembre 2009, n° 1-4).
2. Nous avons tous placé beaucoup d’espoir en ce scrutin. Nous étions convaincus de sortir de cette douloureuse et inutile crise qui a altéré notre cohésion nationale et ralenti la marche de notre pays sur la voie du développement.
3. Notre espoir était d’autant plus grand que nous pensions tous être conscients de la souffrance et de la misère dans laquelle cette situation a plongé les populations dans leur ensemble.
4. Les violents événements que nous vivons depuis le 2ème tour de l’élection présidentielle, avec le blocage politique, nous donnent de voir que nous ne sommes pas au bout de nos peines et que nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour arriver à la paix.
5. Les médias nous font état d’attaques à main armée, de blessures par balles, à la machette ou au gourdin, de morts violentes, de destructions de biens publics, de pillages ou incendies de maisons, de pleurs et de désolations dans tous les camps ; nous dénonçons cette situation malheureuse d’un pays coupé en deux avec « deux chefs d’Etat et deux gouvernements ».
6. Voilà la triste image que la Côte d’Ivoire, pays de fraternité et de dialogue, offre au monde entier.
7. Nous nous inclinons respectueusement devant la mémoire de ces femmes et hommes, enfants, jeunes et adultes qui ont perdu la vie. A toutes les familles endeuillées, nous présentons nos sincères condoléances. Que Dieu lui-même essuie leurs larmes.
8. Laissons-nous interpeler par le sang et la souffrance de ces civils et soldats tués ou blessés. Nous compatissons à la souffrance des blessés et demandons que justice soit faite comme nous l’avions mentionné dans notre message à la nation à l’occasion des élections : « Songeons davantage à prendre en charge les diverses victimes de cette guerre. Nous pensons d’abord aux veuves, aux veufs, aux orphelins, aux mutilés de guerre, à ceux qui ont tout perdu, aux infectés du VIH/sida suite aux viols et autres violences sexuelles… » (Cf. message à la nation à l’occasion des prochaines élections, n° 40)
9. Comme à Caïn à qui Dieu demandait ce qu’il avait fait de son frère Abel dont il était jaloux, à chacun et à tous (hommes politiques, militants, communauté internationale), à nos consciences individuelles et collectives, le Seigneur demande : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » (Gn 4,10).
10. Nous, Evêques de Côte d’Ivoire, après plusieurs rencontres avec nos frères Laurent GBAGBO et Alassane OUATTARA ainsi que les trois chefs d’Etat envoyés spéciaux de la CEDEAO, avons choisi la voie de la médiation et de la négociation parce que respectueuse de la vie et de la dignité de la personne humaine. Nous avons choisi cette voie parce que nous supposons que chacun des acteurs politiques ivoiriens aime vraiment son pays. C’est pour cela que nous croyons que la paix est encore possible, car nous avons confiance aussi en l’esprit de tolérance et de pardon des ivoiriens. Ils l’ont maintes fois démontré tout au long de cette lancinante et appauvrissante crise qui dure depuis septembre 2002.
Nous, Evêques de Côte d’Ivoire recommandons ce qui suit :
- Que nos deux frères s’engagent à trouver par la voie du dialogue un règlement pacifique du différend afin de ne pas mettre en danger la vie des populations.
- Qu’ils acceptent de se retrouver pour dialoguer malgré les rancœurs. Cela serait un acte de courage, d’humilité et d’amour pour notre pays.
- Qu’ils appellent fermement leurs militants au calme et à la retenue.
- Que l’ONU se conforme aux principes fondamentaux qui la régissent et qui sont respectueux des droits de l’homme. Qu’elle fasse usage des moyens pacifiques de règlement du différend en vue d’apporter sa contribution à la résolution de la crise et s’en tienne strictement au maintien de la paix. Nous lui demandons avec insistance de respecter la souveraineté de notre pays.
- Que nos frères les Africains de l’UA et de la CEDEAO se rappellent le principe de solidarité africaine qui veut que quand la case du voisin brûle on l’aide à éteindre l’incendie. Aussi voudrions-nous attirer leur attention sur les conséquences incalculables d’une intervention militaire pour le pays et la sous-région ouest africaine. Nous disons non à une telle intervention.
11. Nous sommes tous embarqués dans le même navire et personne n’a intérêt à le voir s’abîmer dans les eaux redoutables de la violence et de la guerre civile. Notre civisme doit nous mobiliser à construire ensemble ce pays dans la paix et la concorde. Les rafales des violences, les casses, les actes incendiaires ne résolvent rien, mais nous enfoncent toujours plus dans la pauvreté et la misère. Tout le monde a souffert et continue de souffrir particulièrement dans les zones Centre, Nord et Ouest (CNO).
12. Refusons systématiquement le faux martyre qui ne servirait qu’à la gloire des politiciens qui se soucient peu de notre véritable avenir. Rejetons également tout acte qui serait de nature à détruire aussi bien les acquis que le pays lui-même. Abstenons-nous de tout acte à relent belliqueux et provocateur (Cf. Message à la Nation à l’occasion des prochaines élections, n° 34).
13. Cherchons à sauvegarder et à préserver la dignité et la souveraineté de notre pays en respectant et en faisant respecter ses institutions dans le dialogue vrai et dans la concertation fraternelle. Quand il s’agit de choisir entre la Côte d’Ivoire et les ennemis de la Côte d’Ivoire, nous choisissons la Côte d’Ivoire. Il est question de faire avancer notre pays sur la voie du développement et du progrès où les pauvres et les petits ne soient pas laissés pour compte. La paix et l’espérance sont à ce prix. “L’espérance ne déçoit pas” (Rm 5,5). Elle nous réconforte et nous soutient jusqu’au bout.
14. Recherchons l’unité, la cohésion et cultivons l’esprit de fraternité. Il convient en ces moments critiques et difficiles de se laisser guider par le souci constant de la recherche de la paix. Travaillons à l’apaisement des cœurs et faisons en sorte qu’ « Amour et Vérité se rencontrent et que Justice et Paix s’embrassent » (Ps 84,11).
15. Nous voudrions rappeler à tous les croyants en général et aux chrétiens en particulier, que la foi au Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux nous interdit l’usage de la violence sous toutes ses formes : ni par la parole, ni par les actes. Ayons tous la crainte de Dieu. Sur ce point nous nous réjouissons qu’en Côte d’Ivoire il n’y a pas un Nord musulman qui serait opposé à un Sud chrétien. Dans la même famille cohabitent parfois des musulmans et des chrétiens.
16. Ivoiriens et Ivoiriennes, Dieu nous aime! Il ne nous abandonnera pas. Il est avec nous. Il nous invite à entrer en nous-mêmes pour un véritable examen de conscience. Cela nous permettra de découvrir que le Royaume de Dieu commence dès ici-bas par la conversion, la réconciliation, le pardon et la charité agissante.
17. Puisse le Seigneur Dieu, par son Fils Unique Jésus-Christ, le Prince de la paix nous aider, grâce à son Esprit Saint réconciliateur, à reconstruire notre pays dans la paix par la réconciliation, en union avec la Vierge Marie, Notre-Dame de la paix.

Fait à Abidjan le 03 janvier 2011
Vos frères les Evêques de Côte d’Ivoire



Jeudi 6 Janvier 2011
Ambroise Tine
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Evêque du diocèse de Kolda
Président de la Commission de Pastorale Sociale de la Conférence Episcopale
 





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