RENONCIATION DE BENOIT XVI A SA MISSION PETRINIENNE: LA BARQUE N'EST PAS SANS GUIIDE

Seigneur Jésus, le seul vrai guide de la Barque de Pierre




Remerciement à Benoit XVI - Messe à la Cathédral de Dakar - 28 février 2013
Homélie du Nonce Apostolique

«Béni soit l'homme qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur est l'espoir. Il sera comme un arbre planté au bord des eaux, qui étend ses racines vers le courant: il ne craint pas la chaleur quand elle vient, et son feuillage reste vert; il ne redoute pas une année de sécheresse, car elle ne l'empêche pas de porter du fruit.» (Jr 17, 7-8).
Ces célèbres paroles du Prophète Jérémie s’appliquent certainement à Benoît XVI qui, chaque jour de ces dernières 8 années, a su mettre sa confiance dans le Seigneur Jésus qui l’avait appelé au Ministère Pétrinien. Déjà dans son homélie à la Messe inaugurale de son Pontificat, le 24 Avril, 2005, il avait dit avoir la pleine conscience de l’inadéquation de ses forces humaines pour la tâche pastorale à laquelle il avait été élu: «Et maintenant, en ce moment, moi-même, fragile serviteur de Dieu, je dois assumer cette charge inouïe, qui dépasse réellement toute capacité humaine. Comment puis-je faire cela? Comment serai-je en mesure de le faire?». Le 7 mai 2005, dans la Basilique de Saint Jean du Latran, lors de la Messe pour son installation sur la Chaire de l'Evêque de Rome, le Pape Benoît XVI, en reprenant son concept du «fragile serviteur de Dieu», proclamait à haute voix que Jésus - lui seul- était son «espoir»: «Celui qui est le titulaire du ministère pétrinien doit avoir la conscience d'être un homme fragile et faible - de même que ses propres forces sont fragiles et faibles - qui a constamment besoin de purification et de conversion. Mais il peut également avoir la conscience que c'est du Seigneur que lui vient la force pour confirmer ses frères dans la foi et les garder unis dans la confession du Christ crucifié et ressuscité».
Au contraire, nous, pauvres pécheurs et hommes de peu de foi, très souvent nous restons aveugles devant les manifestations des insondables desseins divins dans notre histoire, incapables d’un discernement évangélique. Attachés à nos paradigmes de logique humaine, nous pensions tout connaitre et voilà qu’au moment inattendu, arrive la révolution! Un Pape, décrié d’une façon martelante par la presse occidentale comme un «conservateur» irréductible, est capable de poser un geste le montrant comme un «innovateur». Un Pape considéré par plusieurs comme excessivement «timide et indécis» nous démontre le courage et la détermination évangélique de rompre une tradition institutionnelle pluriséculaire.
À en juger par les apparences, les premières réactions en face du geste de Benoît XVI ont été d’étonnement par son caractère unique et même de crainte pour ses conséquences inconnues. En tout cas, pour la grande majorité des
personnes, moi-compris, l’annonce de la décision du Saint Père de renoncer au ministère d’Evêque de Rome fut une bouleversante surprise.
Mais – à y bien réfléchir – cette réaction est quelque peu un paradoxe! De fait, Benoît XVI s’est toujours démontré un homme cohérent entre son discours et son action, et, comme plusieurs observateurs attentifs l’ont souligné, il avait laissé entrevoir une telle décision à plusieurs reprises, dans ses entretiens avec différentes personnalités, notamment en un livre-entretien avec Peter Seewald, «La Lumière du monde. Le Pape, l’Eglise et les signes des temps», paru en 2010. Il y avait évoqué le «droit et le devoir» d’un Pape de se retirer de cette charge de Successeur de Pierre. Dans son entretien, Seewald lui avait demandé: «On peut imaginer une situation dans laquelle vous jugiez opportun un retrait du Pape?» La réponse fut: «Oui, quand un Pape en vient à reconnaître en toute clarté que physiquement, psychiquement, et spirituellement il ne peut plus assumer la charge de son ministère, alors il a le droit, et, selon les circonstances, le devoir, de se retirer».
Benoît XVI a voulu commencer son Ministère Pétrinien avec ces humbles mots prononcés au début de la Messe inaugurale du Pontificat: «Mon véritable programme de gouvernement est de ne pas faire ma volonté, de ne pas poursuivre mes idées, mais, avec toute l’Église, de me mettre à l’écoute de la parole et de la volonté du Seigneur, et de me laisser guider par lui, de manière que ce soit lui-même qui guide l’Église en cette heure de notre histoire». En suivant une tradition juridique bimillénaire, le Code de Droit Canonique en vigueur, au deuxième alinéa du canon 332, prescrit: «S’il arrive que le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu’elle soit dûment manifestée, mais non pas qu’elle soit acceptée par qui que ce soit ». Lors du Consistoire Ordinaire Public du 11 février dernier, avec la cohérence qui l’a toujours caractérisé, le Pape Benoît XVI, après avoir examiné attentivement «les circonstances» et discerné la volonté du Seigneur, a fait ce qu'il avait «envisagé» à l'époque de son entretien avec Peter Seewald.
Voici la traduction des propres mots du Pape qui donnent l’explication de son annonce: «Frères très chers. Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Eglise. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce
ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les oeuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Evangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire».
Ainsi, en ce jour inoubliable, qui marquera profondément l’histoire de l’Eglise contemporaine, nous avons assisté à l’annonce de la renonciation du Pape au ministère d’Evêque de Rome, mais pas de tout à son «abdication». Benoît XVI lui-même ne laisse aucun doute. À une question précédente de son célèbre entretien, Peter Seewald avait demandé au Pape, en faisant allusion au poids du Pontificat: «Avez-vous pensé à vous retirer?» Réponse: «Quand le danger est grand, il ne faut pas s’enfuir». À cet égard, nous nous souvenons, par exemple, du voyage qualifié «à risque» au Liban, en septembre 2012: le Pape n'a pas renoncé à y aller. Pas davantage devant la fatigue du voyage transatlantique au Mexique et à Cuba, en mars 2012. Précisément, le Pape avait ajouté à sa réponse: «Le moment n’est donc sûrement pas venu de se retirer. C’est justement dans ce genre de moments qu’il faut tenir bon et dominer la situation difficile. C’est ma conception. On peut se retirer dans un moment calme, ou quand, tout simplement on ne peut plus. Mais on ne doit pas s’enfuir au milieu du danger et dire: ‘Qu’un autre s’en occupe’». En revenant sur le sujet le dimanche 24 février 2013 il déclare: «Je n’abandonne pas l’Eglise»… si «le Seigneur m’appelle à "monter sur la montagne", à me consacrer encore plus à la prière et à la méditation », ceci «ne signifie pas abandonner l’Eglise ». Dan la conception du Pape donc, son geste du 11 février n’est pas l’«abandon» de ses brebis par un Pasteur qui fuit le péril, mais au contraire, un sens aigu de sa responsabilité, une docilité spirituelle à l'Esprit Saint, un détachement du pouvoir, un grand réalisme spirituel et une totale disponibilité au meilleur service de l’Eglise.
En lisant plus attentivement les événements de ces derniers mois de Pontificat, on peut dire que, avant de poser ce suprême acte de renoncement,
Benoît XVI a attendu, avec beaucoup de patience, l’arrivée d’un «moment calme»: la fin de la dernière turbulence, datant du procès «vatileaks», mené tambour battant, en octobre dernier. Mais il n’a pas seulement attendu, il a soigneusement préparé l’Eglise à mieux gérer les conséquences immédiates de son geste inédit qui, selon plusieurs observateurs, a un caractère «prophétique». Il a complété la nomination des Officiers du deuxième grade hiérarchique pour remplir les rangs encore vides de la Curie Romaine et a décidé de tenir un nouveau Consistoire pour la création de Cardinaux, en Novembre dernier, afin de donner un visage encore plus universel au Collège des Cardinaux, en améliorant la représentativité, en vue de l’élection de son Successeur à la Chaire de saint Pierre.
Nous pouvons légitimement nous demander si Benoît XVI pouvait nous donner encore plus! Dieu seul connait la réponse! Mais, en tant que catholique, prêtre et évêque, j’appartiens à cette glorieuse «vielle école» qui retient encore qu’on ne discute pas les légitimes décisions d’un Pape, mais qu’on les reçoit avec docilité filiale, même quand on ne les comprend pas. En tout cas, j’en suis sûr, l’humble geste de Benoît XVI jette une nouvelle lumière sur sa personnalité et nous permet de comprendre mieux les faits qui ont jalonné le Pontificat qui vient de s’achever. Pour ce que me concerne, sa renonciation évoque surtout une autre figure évangélique: celle de Jean Baptiste qui déclare «Il faut qu'Il grandisse et que je diminue» (Jn 3,30). A une société du «faire» et de «l'efficacité» qui prônent la recherche du pouvoir et de la domination, l’humilité, le détachement et la docilité à la volonté de Dieu, manifestés par la décision de Benoît XVI, comme autrefois celle de Jean Paul II, bien que complètement différente dans la substance, indique qu'il y a une voie plus essentielle encore pour accomplir les exigences du Ministère Pétrinien et c'est précisément celle du chemin de croix. Le Pape se retire, bien sûr, mais pour mieux répondre à sa mission. En l'Année de la foi, il pose un acte de foi et d’espoir en son Seigneur Jésus, le seul vrai guide de la Barque de Pierre, et il le fait pour s'engager davantage encore, par la prière, la méditation et la pénitence, dans la Nouvelle Evangélisation à laquelle il nous avait convoqués.
Au début de l’Audience générale du mercredi 13 février dernier, au Vatican, Benoît XVI est revenu sur l’annonce de sa renonciation en expliquant: «Je suis soutenu et illuminé par la certitude que l’Église appartient au Christ et qu’il ne manquera pas de la guider et d’en prendre soin… merci à tous pour l’amour et la prière avec laquelle vous m’avez accompagné».
Dans une Salle Paul-VI, comble comme jamais, Benoît XVI, très chaleureusement applaudi, a dit avoir ressenti «quasi physiquement» la prière de l’Église pour lui ces derniers jours «qui n’ont pas été faciles pour moi». Avant d’entamer sa catéchèse sur le début du Carême, il a conclu: «L’amour de l’Église, votre prière, me portent. Continuez à prier pour moi, pour l’Église, pour le futur Pape. Le Seigneur guidera l’avenir».
Oui, notre très cher Benoît XVI, nous vous rassurons que nous aussi, catholiques dakarois, nous prions pour vous, pour l’Eglise et pour le futur Pape, mais aujourd’hui nous tenons à vous faire savoir que nous sommes remplis de reconnaissance à votre égard pour votre action pleine de bénédictions à la tête de l’Eglise Catholique. Laudetur Jesus Christus!
NONCE APOSTOLIQUE, MGR. MONTE MAYOR

Vendredi 1 Mars 2013
Caritas Senegal
Lu 260 fois

Actualités | Projets en cours | Réalisation | Activités | Emergency Appeal | Publications | Evénements | Forum | Projets en requête de financement | Présentation de la Caritas | Réseau national | Espace presse | Partenariat | Publications principales | Caritas au Sahel | Medias


Bienvenue !

Mot de Bienvenue

Mot de Bienvenue
Madame, Monsieur,

Au nom de mes collaborateurs, Abbé Alphonse Seck, Secrétaire Général et l'ensemble des membres de notre Confédération Caritas Sénégal, je vous souhaite la bienvenue et vous exprime notre joie de vous accueillir.

Ce site a pour objectif de vous aider  à trouver des informations sur la vie, la mission, les projets et programmes, les activités, les évènements de Caritas Sénégal et bien d'autres choses encore.

A travers ce site, nous voulons également promouvoir l'esprit Caritas ainsi qu'un élan de solidarité en faveur de ceux qui sont loin de tout et contribuer au développement intégral de l'homme.

Sur le chemin du service de l'Amour et la Solidarité au Sénégal et dans le monde, .vos idées et suggestions nous sont précieuses et les attendons pour mieux progresser ensemble.

Bonne visite et que la bénédiction du Seigneur vous accompagne tous les jours!
 
Son Excellence Mgr Jean-Pierre Bassène,
Evêque du diocèse de Kolda
Président de la Commission de Pastorale Sociale de la Conférence Episcopale
 





Siège National : Km 11, route de Rufisque | BP : 439 Dakar | Tel : (221) 33 834 00 20 | Fax : (221) 33 834 41 97 | Email : info@caritas-senegal.org
Copyright © 2007-2017 Caritas Sénégal - Tous droits réservés - Création Baol Networks