RENONCIATION DE BENOIT XVI A SA MISSION PETRINIENNE: DAKAR LOUE SON ENGAGEMENT DANS LE DIAOLGUE INTERREGLIEUX

Pluie de «grâces» reçues pendant son Pontificat



RENONCIATION DE  BENOIT XVI A SA MISSION PETRINIENNE: DAKAR LOUE SON ENGAGEMENT DANS LE DIAOLGUE INTERREGLIEUX

Ce n'est évidemment pas le moment de faire le bilan sur pratiquement huit années du Ministère Pétrinien de Benoît XVI. Un Pontificat qui a dû se confronter avec notre histoire contemporaine récente, pleine de changements globaux, caractérisés par l'aggravation d'une crise culturelle et une crise économique jamais connue depuis la dernière Guerre Mondiale. Une période aussi d'incertitude et de changement en matière d'éthique sociale, familiale et personnelle, qui agresse surtout les cultures de tradition chrétienne, mais empoisonne, également les Pays de culture musulmane, en y provocant une farouche réaction fondamentaliste. Cependant, j’ose penser que Benoît XVI mérite bien que l’on fasse une brève «mémoire» des nombreuses «grâces» reçues pendant son Pontificat.
Le 19 Avril 2005, le Cardinal allemand Joseph Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, âgé 78 ans, a été élu à la papauté, après un Conclave qui n'avat duré que deux jours, avec quatre tours de scrutin. Il devenait le 265e Pape de l’Eglise catholique, l’immédiat Successeur du bien-aimé Pape Jean-Paul II et le septième Pape allemand de l’histoire. L’ors de sa première salutation au Peuple de Dieu, suivie de la bénédiction Urbi et Orbi, il n’a pas manqué de faire une référence humble et affectueuse à son prédécesseur et ami: «après le grand Pape Jean Paul II, Messieurs les Cardinaux m'ont élu moi, un simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur…». Le 1er Mai 2011, à la Messe de béatification de son prédécesseur, il proclamera avec une intense émotion «Bienheureux es-tu, bien aimé Pape Jean-Paul II, parce que tu as cru!».
À la première Audience générale, le 27 Avril 2005, exposant les raisons du choix de son nom en tant que Pape, il disait: «J'ai voulu m'appeler Benoît XVI pour me rattacher en esprit au vénéré Pontife Benoît XV, qui a guidé l'Eglise au cours d'une période difficile en raison du premier conflit mondial. Il fut un courageux et authentique prophète de paix et se prodigua avec un courage inlassable, tout d'abord pour éviter le drame de la guerre, puis pour en limiter les conséquences néfastes. C'est sur ses traces que je désire placer mon ministère au service de la réconciliation et de l'harmonie entre les hommes et les peuples…». Au fil de son Pontificat, toujours fidèle à cette inspiration initiale, Benoît XVI a déployé une intense activité pour défendre inlassablement sur la scène internationale la cause de la réconciliation et de l’harmonie entre les peuples. Il suffit de se souvenir de ses célèbres paroles à l’ONU: «Ma présence 2

ici manifeste la volonté de l'Eglise catholique d'apporter sa contribution aux relations internationales d'une manière qui permette à toute personne et à tout peuple de sentir qu'ils ont leur importance…», de celles prononcées lors de son voyage en Jordanie, en Israël et dans les Territoires palestiniens: «Il est d'abord nécessaire d'ôter les murs construits autour de nos coeurs, les barrières érigées contre nos voisins », ou, enfin, sa vibrante exhortation au palais présidentiel de Baabda, au Liban: «Il faut que l'ensemble du Moyen-Orient, en vous regardant, comprenne que les musulmans et les chrétiens, l'islam et la chrétienté, peuvent vivre ensemble sans haine dans le respect des croyances de chacun pour bâtir ensemble une société libre et humaine… Il s'agit de dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d'accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner. Car seul le pardon donné et reçu pose les fondements durables de la réconciliation et de la paix pour tous. Alors seulement peut croître la bonne entente entre les cultures et les religions, la considération sans condescendance des unes pour les autres et le respect des droits de chacune».
Le thème de la liberté religieuse s’est imposée aussi comme l’une des priorités de son Pontificat et il lui a consacré une place de plus en plus importante dans ses interventions. Déjà dans sa «Lettre aux catholiques chinois» Benoît XVI avait plaidé: «L’Église demande à l'État de garantir aux citoyens catholiques le plein exercice de leur foi, dans le respect d'une authentique liberté religieuse». En 2011, il fera de ce thème le sujet de son message pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix et de son discours au Corps Diplomatique. Dans cette défense de la liberté religieuse, Benoit XVI s’est bien gardé de jouer sur une opposition entre religions. Il n’a cessé, au contraire, d’appeler à une collaboration pour la paix entre les croyants et à un dialogue en vérité. Cela amène à nuancer les jugements portés au moment de son élection par ceux qui voyaient en lui un Pape plus porté sur les questions théologiques et ecclésiales que sur les problèmes internationaux.
Son attention au dialogue avec les autres confessions chrétiennes a été intense. Restera dans les mémoires la rencontre avec le Patriarche OEcuménique Orthodoxe de Constantinople, Bartholomée Ier, pendant son voyage apostolique en Turquie. Important était aussi à cet égard le choix de la voie de la réconciliation avec la Fraternité Saint Pie X, fondée par Mgr Marcel Lefebvre, et sa proximité avec les fidèles de la Communion Anglicane à travers la mise en place d'Ordinariats personnels pour les anglicans qui entrent dans la pleine communion avec l'Église Catholique. Il a souligné à plusieurs reprises l'importance du rôle des différentes religions dans le monde moderne et, le 27 octobre 2011, 25 ans après la première rencontre d’Assise, Benoit XVI rassemblera les religions du monde 3

entier, en invitant aussi des incroyants. Le discours de Ratisbonne, ses premiers effets négatifs dépassés, entraîna la «Lettre ouverte au Pape» des 138 dignitaires musulmans et, en réponse, l’invitation de Benoît XVI au premier Forum Islamo-catholique à Rome, en novembre 2008. Ses nombreuses interventions au cours de ses voyages, en Allemagne, en Turquie, à Jérusalem, au Liban jusqu’au dernier discours de Noël 2012, montrent sa fidélité aux orientations du Concile Vatican II en faveur du dialogue islamo-chrétien; un dialogue fondé sur la connaissance mutuelle, les valeurs communes, le vivre-ensemble à construire et la paix à établir, davantage qu'un dialogue théologique. Pareillement nombreuses ont été ses gestes symboliques manifestant sa haute appréciation et son respect envers l’Islam. Souvenons-nous de sa visite à la Mosquée Bleue d’Istanbul, où il s’est arrêté quelques instants pour méditer, à coté du Grand Mufti en prière. C’est l’image d’un «tournant», d'une nouvelle façon de regarder l'islam. En Turquie il été le premier Pape à prier dans une Mosquée, comme il a été aussi le premier à entrer au Dôme du Rocher à Jérusalem. Pour dire sa proximité avec le judaïsme il suffit de se rappeler ses affirmations lors de la visite au camp d’Auschwitz-Birkenau: «Il est presque impossible de prendre la parole dans ce lieu d’horreur, (…) et cela est particulièrement difficile et accablant pour un chrétien, pour un Pape qui vient d’Allemagne», ou celles à la Synagogue de Rome où il a soutenu que le Décalogue est un «message éthique commun d'une valeur permanente pour Israël, l'Eglise, les non-croyants et l'humanité tout entière».
Pendant tout son Ministère Pétrinien, le «théologien» Benoît XVI a centré la réflexion de l’Eglise sur la « joie » de croire. Et la relation entre la foi et la raison a été l'un des piliers de son enseignement. Il a eu à coeur, à la suite de Jean-Paul II, de manifester que la foi dans le Christ n'est pas la rivale de la raison mais bien au contraire, qu'en ces temps de crise sur ses propres pouvoirs et finalités, la raison peut la compter comme son plus fidèle soutien. Pour lui, la foi a la mission de questionner la raison pour l’inviter à déployer toutes ses dimensions et refuser toute pusillanimité dans la détermination de ses missions. Mais, en même temps, il a relevé que la foi ne se réduit ni à un sentiment religieux ni à un programme idéologique. D'où son zèle à rappeler l'enracinement de l'acte de foi dans la célébration du Mystère chrétien et son souhait que les baptisés se réapproprient la richesse de la liturgie. Les "Années spéciales" que Benoît XVI a convoquées pendant son 4

Pontificat sont le miroir de son Ministère Pétrinien. L'Année «consacré à Saint Paul», voulue pour le deuxième millénaire de la naissance de Paul, en 2008-2009, a fait référence au «besoin de témoins et de martyrs comme saint Paul». L’Année «du Sacerdoce», en 2009-2010, marquant le 150e anniversaire de la mort de saint Jean-Baptiste-Marie Vianney, saint-patron des Curés, a également été une réponse aux «situations qui ne se peuvent jamais assez déplorer, où l'Église elle-même souffre de l'infidélité de certains de ses ministres», comme il l’a indiqué dans la lettre d’indiction, faisant une référence implicite aux cas d'abus sexuels sur des mineurs, faits contre lesquels Benoît XVI a appelé à «la transparence» et à «la rigueur». Enfin, l'Année « de la Foi », centrée autour des célébrations du 50e anniversaire du Concile Vatican II et du 20e anniversaire de la promulgation du Catéchisme de l'Eglise Catholique, est la recherche d’une «renouvelée et authentique conversion au Seigneur, unique Sauveur du monde» comme réponse au grand défi à «redécouvrir la joie de croire et retrouver l'enthousiasme de communiquer la foi», indispensables pour la tâche de la Nouvelle évangélisation du monde, à laquelle il nous a convoqués.
Durant son Pontificat, Benoît XVI a écrit trois Encycliques: "Deus caritas est", "Spe salvi" et "Caritas in veritate". Cette dernière est consacrée à l’analyse et à l’application de la Doctrine Sociale de l’Eglise face au contexte socioculturel actuel que vit le monde globalisé. Il a également publié quatre Exhortations Apostoliques post-synodales: «Sacramentum Caritatis» consacrée à l'Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l'Eglise, «Verbum Domini» sur la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l' Eglise, «Africae munus » sur l'Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix, «Ecclesia in Medio Oriente» sur l'Eglise au Moyen-Orient, communion et témoignage. Universellement connus sont ses trois volumes «Jésus de Nazareth», ouvrages qui contiennent ses études et méditations sur la figure historique de Jésus-Christ, intitulés: «Du baptême dans le Jourdain à la Transfiguration», «De l'entrée à Jérusalem à la Résurrection» et «L'enfance de Jésus». Comme l’a bien dit Isabelle de Gaulmyn, une journaliste spécialisée du journal catholique français La Croix: «Lire Benoît XVI, c’est redécouvrir les fondements de la foi. Remettre au centre ce qui est essentiel, progresser pas à pas dans une pensée lumineuse, qui semble vous prendre par la main. Lire Benoît XVI, c’est, au fond, faire l’expérience de pénétrer dans l’intelligence de la foi….». Celui qui, comme moi, a fait souvent la même expérience dans la 5

lecture et l’étude des écrits de Benoît XVI, peut témoigner de l’exactitude de ses mots remarquables.
Le «vieillard» Benoît XVI a fait des Voyages Apostoliques dans 21 Pays sur tous les continents. En Europe il a été trois fois en Allemagne, dont sa première destination hors des frontières d’Italie pour la Journée Mondiale de la Jeunesse à Cologne, puis en Pologne, le Pays de Jean-Paul II, en Espagne, trois voyages, dont l’un pour la XXVI Journée Mondiale de la Jeunesse, en Autriche, en France, en République Tchèque, à Malte, au Portugal, à Chypre, au Royaume-Uni, en Croatie et Saint-Marin. Il a fait neuf Voyages Apostoliques intercontinentaux: la Turquie, le Brésil, les États-Unis d'Amérique, l'Australie, la Terre Sainte, le Mexique et Cuba, le Liban, et, par deux fois, l'Afrique, visitant le Cameroun et l'Angola, pour remettre aux évêques l’«Instrumentum laboris» du second Synode spécial sur l’Afrique, et le Bénin, pour marquer le 150e anniversaire de son évangélisation et signer l’Exhortation Apostolique post Synodale «Africae Munus». Enfin, il faut mentionner les trente Voyages Apostoliques à l’intérieur de l’Italie, pour visiter les Diocèses et les différentes institutions ecclésiales italiennes.
L’attention particulière de l’«européen» Benoît XVI à l'Afrique est évidente, pour commencer du point de vue diplomatique. Avec lui, ont été ouvertes deux nouvelles Nonciatures Apostoliques résidentielles au Burkina Faso et en Guinée Conakry. En plus, il a nommé trois Représentants permanents résidents, avec le rang de «Chargés d’Affaires», dans le Nonciatures du Tchad, du Gabon et du Malawi, qui n’ont pas un Nonce Apostolique résident. Mais les Pays africains ont aussi manifesté un intérêt croissant pour le développement des relations plus étroites avec le Saint-Siège. En 2008, en effet, le Botswana a établi des relations diplomatiques avec le Saint-Siège et le Sud-Soudan vient de le faire ces jours-ci. Aujourd'hui, seuls trois Pays africains, tous avec une écrasante majorité musulmane, n'ont pas encore échangé des Représentants Diplomatiques avec le Saint-Siège: les Comores, la Mauritanie et la Somalie. Il faut ajouter la multiplication des Accords diplomatiques entre le Saint-Siège et les Pays africains. Benoît XVI a signé trois Accords-cadres sur le statut juridique de l’Eglise: avec le Mozambique, en 2011, avec la Guinée Equatoriale et le Burundi, en 2012. Cette année, la signature d’un autre Accord-cadre avec le Cap Vert était prévue. 6

Pour la première fois un fils du Continent noir a eu la délicate tâche d’être le Chef du Protocole de la Secrétairerie d'État. C'est Mgr Fortunatus Nwachukwu, nigérian, qui récemment, après cinq années de service, a été nommé Nonce Apostolique au Nicaragua, devenant ainsi le quatrième Représentant Pontifical d’origine africaine désigné par Benoît XVI, au cours de son Pontificat. Un cinquième vient d’être nommé ces jours-ci.
Mais l'attention particulière de Benoît XVI pour l’Afrique ne se porte pas exclusivement ou principalement sur la diplomatie. Parmi les 11 Cardinaux électeurs africains qui participeront au prochain Conclave, 6 ont été créés par Benoit XVI, notamment notre Cardinal Archevêque de Dakar. Même dans les nominations des Officiers de la Curie Romaine, Benoît XVI a mis un accent particulier sur le Continent africain. Il a appelé le Cardinal Peter Turkson du Ghana, pour présider le Conseil Pontifical de Justice et Paix, et a nommé l’ancien Archevêque de Conakry, Robert Sarah, Président du Conseil Pontifical «Cor Unum», en lui donnant la Pourpre cardinalice. L'Archevêque tanzanien Mgr Protase Rugambwa a été également appelé pour occuper le poste de Secrétaire adjoint de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples. Le béninois Abbé Barthélemy Adoukonou, élevé à l’épiscopat, a été promu à la charge de Secrétaire du Conseil Pontifical de la Culture et Mgr Jean-Marie Maté Musivi Mupendawatu, de la République Démocratique du Congo, est le nouveau Secrétaire du Conseil Pontifical pour les Opérateurs de la Santé. Avec Benoît XVI, pour la première fois un africain est devenu Maître de Cérémonies Pontificales: c'est l’Abbé Jean-Pierre Kwambemba Masi, de la République Démocratique du Congo.
Ce «simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur» qui, lors de sa première bénédiction Urbi et Orbi, s’était présenté lui-même comme un «instrument insuffisant» dans les mains de son Seigneur, après huit ans de fructueuse consécration du «ministère au service de la réconciliation et de l'harmonie entre les hommes et les peuples», vient de se cacher, à la face du monde, pour s'engager davantage encore, par la prière, la méditation et la pénitence, dans le service du Peuple de Dieu. Nous, catholiques habitants la terre africaine, nous nous sentons reconnaissants à l’égard de Benoît XVI, non seulement pour son action pleine de bénédictions à la tête de l’Eglise Catholique, mais aussi pour son amour de prédilection à l’égard de l’Afrique. Aussi, proclamons nous à nouveau et avec grand fierté: Laudetur Jesus Christus!

Mgr. Monte Mayor, Nonce Apostolique

Vendredi 1 Mars 2013
Caritas Senegal
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Evêque du diocèse de Kolda
Président de la Commission de Pastorale Sociale de la Conférence Episcopale
 





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