FORUM SOCIAL MONDIAL: LES TERMES DE REFERENCE



NOTE CONCEPTUELLE POUR LE FORUM SOCIAL MONDIAL (FSM) 2011

I) LE CONTEXTE MONDIAL

Le Forum Social Mondial (FSM) reviendra en Afrique en 2011, plus précisément au Sénégal. Le FSM, né en 2001 à Porto Alegre (Brésil), y a célébré ses dix ans d’existence au mois de janvier 2010. Cet anniversaire a été l’occasion d’évaluer le chemin parcouru, d’analyser les acquis et les faiblesses du FSM et d’identifier les principaux défis qui se posent au mouvement social mondial à la lumière de la faillite du système néolibéral et des problèmes liés au changement climatique.

Le Forum de 2011 sera organisé dans un contexte mondial marqué par la crise profonde du système néolibéral, symbolisé surtout par l’effondrement du fondamentalisme de marché illustré par la crise financière internationale. Celle-ci avait été précédée par la crise alimentaire mondiale qui a ajouté des millions de personnes à la liste déjà longue de celles qui souffrent chroniquement de la faim, estimées à plus d’un milliard selon les dernières estimations de la FAO.

Le changement climatique est venu exacerber toutes ces crises et aggraver les menaces qui pèsent sur la planète. Le Forum Social Mondial de Belém de 2009 avait souligné les préoccupations du mouvement social sur cette question. Toutes ces crises sont le reflet de l’essoufflement du système capitaliste dont la crise de légitimité s’approfondit chaque jour un peu plus. Tous les mythes fondateurs du capitalisme, tels que le « libre-marché », le « libre-échange », les marchés «auto-régulateurs », sont partout remis en cause, y compris dans les pays capitalistes.

La crise systémique du capitalisme est le résultat à la fois des contradictions internes au système lui-même et des luttes des peuples et nations du Sud ainsi que des mouvements populaires dans les pays industrialisés. La financiarisation de l’économie traduit une crise profonde de rentabilité reflétée par le décalage grandissant entre les flux de capitaux liés à l’économie réelle (production et commerce) et les énormes flux financiers qui circulent quotidiennement à travers le monde, dont l’écrasante majorité est pour l’essentiel utilisée pour des activités spéculatives illustrées par l’explosion du marché des produits dérivés.

Les luttes des couches populaires au Nord ainsi que les résistances des peuples et pays du Sud ont davantage exacerbé la crise de rentabilité de l’économie réelle et accentué le recours à la spéculation financière dans les pays occidentaux, notamment aux Etats-Unis.

La crise systémique du capitaliste porte en germe de nouveaux dangers pour l’Humanité. En effet, les principaux centres du capitalisme mondial, menés par les Etats-Unis, n’accepteront pas facilement la fin de leur suprématie sur l’économie mondiale. Déjà, au nom de la « lutte contre le terrorisme » l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a été transformée en bras armé du capitalisme pour tenter de le sauver de la débâcle. D’énormes moyens militaires, financiers et politiques sont mis en œuvre à cette fin. Les guerres d’agressions contre les peuples ne peuvent être exclues comme « solutions » à la crise du capitalisme. En effet, pour empêcher, ou tout au moins ralentir, le processus de déclin de leur contrôle sur l’économie mondiale, l’impérialisme US et ses alliés n’hésiteront pas à provoquer des guerres de « basse intensité » contre des pays souverains et tous ceux qui s’opposent à leurs politiques. La guerre d’agression contre l’Irak, de même que les menaces et provocations contre d’autres pays font partie intégrante d’un même et unique plan d’agression et de terreur contre les peuples et les pays qui refusent les diktats de l’impérialisme occidental.


II) CONTEXTE ET SIGNIFICATION POUR L’AFRIQUE

Le retour du FSM en Afrique peut être interprété comme un message à la fois idéologique et politique. Sur le plan idéologique, les acteurs du FSM semblent lancer un défi au système néolibéral et à ses instruments, notamment la Banque mondiale, le FMI et l’OMC, pour leur signifier qu’ils vont les affronter en Afrique, considérée comme l’un des points faibles dans la résistance aux politiques néolibérales. Le retour du FSM en Afrique est sûrement l’expression d’une solidarité active du mouvement social international avec les luttes des mouvements sociaux et peuples africains.

Ce soutien est d’autant plus bienvenu que l’Afrique risque de payer un lourd tribut à la crise actuelle du capitalisme. En effet, déjà affaiblis par les programmes d’ajustement structurel des années 1980 et 1990, les pays africains seront confrontés à de nouveaux défis de développement encore plus complexes.

Le mouvement social africain doit saisir l’occasion du FSM 2011 pour mettre l’accent sur ces défis. Tout d’abord, les questions fondamentales, liées au développement économique et social de l’Afrique, à sa sécurité et à ses relations avec le reste du monde, doivent être au centre des débats du Forum. Dans ce contexte, le Forum doit être une grande occasion pour intensifier les luttes contre les politiques néolibérales étant donné que l’Afrique illustre l’un des plus grands échecs de trois décennies d’intervention de la Banque mondiale et du FMI. En outre, il faut renforcer la résistance contre les politiques de « sortie de crise » que préparent les pays occidentaux et les institutions internationales et dont l’Afrique risque de supporter le coût le plus élevé.

C’est pour ces raisons, entre autres, que les mouvements sociaux africains doivent utiliser la tribune du FSM 2011 pour renforcer leurs luttes contre l’impérialisme, le néocolonialisme et le système néolibéral dans son ensemble, en discréditant davantage son idéologie, en remettant en cause ses concepts et valeurs et en contribuant ainsi à aggraver sa crise de légitimité.

Dans leurs luttes contre l’idéologie et les politiques néolibérales, les mouvements sociaux africains devraient utiliser, entre autres instruments, la culture. Durant l’esclavage et la colonisation, la culture avait été un formidable instrument de résistance et un moyen de mobilisation politique et sociale contre l’oppression et la domination. Ainsi, la préparation et la tenue du FSM 2011 doivent-elles être des occasions pour mobiliser parmi les meilleurs talents et créateurs dans tous les domaines de la culture, sur le continent et dans la Diaspora, pour contribuer aux débats sur les défis de développement du continent et au service des luttes pour les transformations économiques et sociales.

En conclusion, le FSM 2011 doit être l’occasion pour le mouvement social africain de renforcer la prise de conscience tant au niveau des citoyens ordinaires qu’au niveau des forces politiques sur la nécessité de mettre fin au système néocolonial et à la domination impérialiste afin que l’Afrique prenne son destin en main et explore une voie de développement qui lui soit propre.



III) LA DIMENSION SUD-SUD DU FSM 2011

Le FSM 2011 donnera également une grande importance aux relations Sud-Sud. En effet, l’un des traits marquants du début du 21ème siècle est la montée du Sud comme acteur majeur sur la scène mondiale. La crise du capitalisme mondial, l’influence grandissante de certains pays du Sud, les développements en Amérique latine et les résistances notées en Afrique contre les Accords de partenariat économique (APE), tout cela montre que les puissances occidentales ne peuvent plus imposer aussi facilement leur agenda au reste du monde.

Parallèlement, les liens entre l’Afrique et les autres régions du Sud se sont renforcés. Des Sommets se sont tenus entre l’Afrique et la Chine, entre l’Afrique et l’Inde, entre l’Afrique et l’Amérique latine. En particulier, le Brésil est en train de développer des relations étroites avec une bonne partie des pays africains.

Les luttes populaires et politiques en Amérique latine ont fortement affaibli l’hégémonie de l’impérialisme nord-américain et apporté une grande contribution à la lutte contre le système impérialiste et néolibéral dans le monde.

Tout cela constitue des développements majeurs que les mouvements sociaux du Sud doivent prendre en compte. Déjà en 2006, à Bamako (Mali), le mouvement social avait célébré le 50ème anniversaire de la fameuse Conférence de Bandung qui avait marqué l’irruption des pays africains et asiatiques nouvellement indépendants sur la scène internationale. De nos jours, quel est le contenu de la solidarité afro-asiatique ? Quel est le contenu de la solidarité et de la coopération Sud-Sud ? Quelle est la place du mouvement social dans celle-ci ? Quelles sont les implications des changements intervenus au Sud pour la transformation du rapport des forces à l’échelle mondiale?

Telles sont quelques-unes des questions qui pourraient faire l’objet de discussions durant le FSM.




Mardi 23 Novembre 2010
Ambroise Tine
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1.Posté par MARIE FAYE le 02/01/2011 16:11
merci pour ces queques renseignements qui donnent une idee de ce qu est le FSM

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